France - Marseille Les migrations nous donnent la possibilité de redessiner un monde nouveau

Le 18 Décembre 1990, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté la Convention Internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et les membres de leurs familles.

Elle reconnaît à tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité ou leur situation administrative, les mêmes droits du travail et sociaux. Pourtant, 23 ans après, aucun pays du "Nord" ne l’a signée, et elle est peu respectée par les pays qui l’ont ratifiée. Il est donc nécessaire de continuer à se battre pour qu’elle devienne réalité.

Car les droits fondamentaux des migrants continuent à être quotidiennement et gravement violés à travers le monde, sur les différentes routes migratoires, dans les pays de transit et même dans nos pays « d’accueil ». Ils y sont victimes de xénophobie, de violences graves, de rackets, d’exploitation sans vergogne, d’enfermement, de refoulement et d’expulsion,

Dans tous les Etats, les migrants sont criminalisés. Perçus comme la cause essentielle du chômage et de l’insécurité, ils servent aux gouvernements de boucs émissaires pour détourner l’attention de la société des véritables causes et responsabilités.

Nous, associations de migrants et organisations de solidarité, lançons un appel aux institutions internationales, aux gouvernements et aux sociétés civiles : Arrêtons le massacre (2352 morts dénombrés en Méditerranée en 2011, chiffre à multiplier par 3 ou 4 pour être proche de la réalité) et la violation permanente des droits des migrantes/s.



Les migrations nous donnent la possibilité de redessiner un monde nouveau :

* un monde dans lequel aucun être humain ne peut être considéré comme illégal

* un monde dans lequel chaque être humain peut exercer un travail décent

* un monde dans lequel tous les droits sont valables pour tous et toutes, sans conditions

* un monde sans exil forcé, dans lequel personne n’est obligé de risquer sa vie pour une vie meilleure

* Nous voulons dessiner un monde où la migration est un choix et non une obligation

* un monde où la liberté de circulation et d’installation est un droit fondamental respecté.